Table ronde « Mieux gouverner les savoirs – Comment concilier démocratie et sciences ? »
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Christine Audoux,
doctorante au Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique, Cnam – CNRS.
Pour poser le cadre, je vous indique que je vais parler d’une expérience à très petite échelle, puisqu’elle concerne quelques dizaines de personnes, et non pas d’un regard plus argumenté sur des processus à plus grande échelle.
Depuis quelques années, le Conseil régional d’Ile-de-France, grâce d’ailleurs à l’initiative d’une association qui est la Fondation Sciences Citoyennes, a mis en place des partenariats de recherche entre chercheurs de toutes disciplines, et des acteurs de la société civile, donc des associations, dans un dispositif largement inspiré d’un dispositif existant au Québec.
J’ai pu observer durant deux ans le fonctionnement des comités de pilotage qui se sont réunis durant cette période pour co-produire ces dispositifs.
La première question est : « Est-ce que c’est possible, et comment ça se vit et comment ça se passe ? ».
Donc c’est bien possible, mais comme vous pouvez peut-être le penser a priori, ce n’est pas simple… Parce que les partenaires engagés dans ce dispositif vont devoir vivre comme dans toute relation humaine, et peut-être encore plus vu la nature cognitive et sociale de ce dispositif, des épreuves qui sont indispensables pour une élaboration commune. On a peut-être tendance à penser ça d’une manière lisse, on va se ressembler et on va faire pareil… Eh bien non, on ne se ressemble pas et on ne fait pas pareil !
Au fil du processus de recherche, ces épreuves se posent tout de suite, dès le moment où les acteurs se choisissent, au travers de la première étape qui est liée à tout processus de recherche : celle de la problématique. C’est-à-dire que pour connaître, il faut se poser une question : Que cherche-t-on à connaître ? Et la façon dont cette question est posée interroge et mobilise totalement le regard qu’on porte sur le monde. Et on peut bien se douter que les deux types d’acteurs portent sur le monde des regards différents, divergents, voire opposés. Et donc le questionnement, le mode d’élaboration et l’élaboration des questions problématisées, qui va permettre la connaissance, est absolument fondamental.